Désinformations.com

Nicolas Sarkozy se rendra dimanche à Saint Jean d'Illac (33127) pour ramener la paix civile

du Rédacteur Suprême
publié le 31-08-2007

La petite bourgade proche de Bordeaux, sur la route du Cap Ferret, bien connue des faucheurs de maïs transgénique pour avoir hébergé l'année dernière José Bové dans sa gendarmerie, recevra dimanche prochain un nouvel hôte prestigieux : le Président de la République lui-même. Inquiet en effet du risque de désordre social provoqué par la multiplication des controverses locales, Nicolas Sarkozy a décidé de soutenir la municipalité UMP en venant personnellement à la rencontre des Illacais.

Manifestation monstre des habitants du lieu-dit Le Las contre le projet de débaptiser l'avenue qui mène chez eux

Les malheurs ont en effet fondu sur Saint Jean d'Illac depuis plusieurs mois.

A commencer par le décès de son maire au printemps, laissant inachevée son oeuvre maîtresse : la piste cyclable, attendue depuis 15 ans entre le bourg et le lieu-dit Le Las, était bitumée et inaugurée de justesse par le quasi défunt, mais son éclairage n'était toujours pas achevé. "Ne dramatisons pas", explique le nouveau maire, "la piste cyclable est surtout empruntée par des adolescents pour aller au collège et, à leurs âges, ils n'ont pas de problème pour voir dans la pénombre en sortant de classe". Et d'ajouter, en marge du dernier conseil municipal, que "la présidente de la FCPE l'a elle-même confirmé".

Le locataire de l'Elysée se rendra néanmoins sur place, confient ses conseillers bien désinformés, pour "analyser avec tous les conséquences de l'inachèvement de la piste cyclable".

Autre calamité, la déchetterie : bientôt insalubre à force d'investissements insuffisants pour faire face à l'accroissement de la population, c'est un sujet de préoccupation permanent pour les Illacais, surtout à l'approche de la saison de taille des haies et des arbres. Nicolas Sarkozy pourrait confier la rédaction d'un rapport à un grand écologiste girondin, Alain Juppé.

Mais c'est autour du projet structurant majeur du nouvel édile de Saint Jean d'Illac qu'est en train d'enfler la polémique : en voulant renommer l'avenue du Las, qui traverse le bourg, en boulevard Pierre Favre, du nom de son regretté prédécesseur, le maire par contumace rencontre l'incompréhension des habitants du lieu-dit du Las. "On voudrait nous rayer de l'histoire illacaise qu'on ne s'y prendrait pas autrement", regrette-t-on à l'autre bout de la piste cyclable.

Nicolas Sarkozy prend cette affaire très au sérieux et pourrait demander au maire provisoire de renoncer à son projet pour des raisons économiques évidentes : pourquoi renommer une avenue aujourd'hui alors que "l'Histoire amènera à la rebaptiser du nom du Président dans dix ans tout au plus". Le maire devrait ainsi recevoir dimanche l'assurance que Saint Jean d'Illac aura l'honneur d'être choisie par Nicolas Sarkozy comme la première ville à se doter d'une avenue éponyme.

La tâche s'annonce néanmoins rude pour le Président qui devra ramener la paix civile en moins de 24 heures et, surtout, trouver un emplacement digne d'être baptisé du nom de Pierre Favre. Les rumeurs en ville vont bon train, évoquant qui la piste cyclable, qui le futur supermarché que les habitants attendent depuis plusieurs années. La déchetterie semble néanmoins exclue car l'impasse qui permet de s'y rendre s'est vue promettre le nom du nouveau maire.

Enfin, fidèle à sa politique de rassemblement, il se murmure dans les milieux illacais bien désinformés que Nicolas Sarkozy pourrait confier une mission sur l'intercommunalité à Patrick Dubonchoix, secrétaire général de l'ARME (Association des Risk Managers Européens), célèbre personnalité locale de gauche : "la guéguerre entre Saint Jean d'Illac et Martignas n'a que trop duré, il est temps de rassembler les forces de progrès et de développer les synergies au-delà du club de tennis de table ou des cours d'échecs", a-t-il expliqué lors du congrès du Medef, prouvant déjà sa pleine maîtrise des dossiers locaux.

En marge de sa venue, Nicolas Sarkozy a accordé un entretien au correspondant local de nos confrères de Sud Ouest dans lequel il explique pourquoi c'est lui-même et non son épouse Cécilia qui entreprend cette mission diplomatique de haut niveau : "négocier avec la municipalité de Saint Jean d'Illac demande beaucoup plus de doigté qu'avec le colonel Kadhafi", analyse-t-il, "et puis, sur ce coup-là, on ne peut pas promettre une centrale nucléaire".

 

Rédacteur Suprême

lire tous ses billets

 

précédent : 29-08-2007

Raymond Barre, Pierre Messmer... un serial killer menace nos institutions

suivant : 04-09-2007

Bertrand Delanoë dévoile son programme pour les municipales de 2008

AUCUNE REPRODUCTION DE CE SITE N'EST AUTORISEE SANS L'ACCORD PREALABLE DU REDACTEUR SUPREME
© Désinformations.com | web-journal satirique 1999-2018 | à propos des cookies | mentions légales