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Statistiques ethniques : les raisons de la censure par le conseil constitutionnel

du Rédacteur Suprême
publié le 15-11-2007

Le conseil constitutionnel vient de rendre son verdict suite aux recours concernant la loi sur l'immigration et a donc invalidé le principe des statistiques ethniques inclus dans l'article 63 de la loi Hortefeux. Nous avons interrogé Patrick Dubonchoix, secrétaire général de l'ARME (Association des Risques Managers Européens), qui a été consulté par les sages du Palais Royal dans le cadre des travaux préparatoires à cette décision.

"Nous réfléchissions depuis plusieurs années sur les statistiques ethniques et donc la possibilité d'étudier les origines géographiques ou même religieuses des individus pour mieux expliquer leurs comportements", révèle Patrick Dubonchoix, "mais force est de reconnaître que nous nous sommes heurtés à des écueils scientifiques".

Le secrétaire général de l'ARME témoigne que "la tentation des statistiques ethniques" est presque aussi vieille que la statistique elle-même, et qu'elle est même pratiquée "avec succès" dans de nombreux pays, dont les Etats-Unis, "la plus vieille démocratie du monde", où le bureau fédéral des statistiques ne se prive pas de publier des statistiques économico-sociales en fonction des "races".

Lors de la campagne électorale de 2002, des pionniers de la question avaient résolu des équations sociétales complexes telle que, la célèbre b=ic2 :

black = insécurité x criminalité au carré

A la suite de ces travaux "fondateurs" qui avait été la première étape d'un travail de fond pour la campagne électorale de la réélection de Jacques Chirac, puis de l'action de Nicolas Sarkozy, alors plus petit flic de France, des statisticiens des renseignements généraux avaient publié des approfondissements, qualifiés de "prometteurs" par Patrick Dubonchoix.

Pourtant, cette année, lors des consultations réalisées par le conseil constitutionnel, l'ARME s'est déclarée "défavorable" aux statistiques ethniques.

"Nous nous sommes rendus compte rapidement que nos modèles mathématiques ne pouvaient pas prédire des comportements basés sur des régresseurs ethniques robustes dans le temps", analyse Patrick Dubonchoix. Les raisons en sont multiples : outre la difficulté à établir de manière certaine l'appartenance ethnique des individus, "malgré l'efficacité de certains tests ADN", il est apparu que les variables prédictives incluses dans les modèles ne "tiennent pas la route" à cause des comportements humains.

Jusqu'à quelle génération l'ethnie est-elle prédictive ? Que faire quand des personnes d'ethnies différentes s'accouplent et se reproduisent sous forme "d'ethnie impure" ? Comment combiner l'exercice scientifique représenté par la statistique ethnique et une "certaine forme de morale" ?

Voilà autant de questions sans réponses face auxquelles l'ARME a préféré "conseiller la suspension" dans l'attente du développement de modèles mathématiques multidimensionnels mieux adaptés à la réalité vécue par les statisticiens.

"Science sans conscience n'est que ruine de l'économétrie", conclut Patrick Dubonchoix, qui s'est donc réjoui "à titre personnel" de la décision rendue par le conseil constitutionnel aujourd'hui : "nous ne sommes pas prêts pour les statistiques ethniques mais grâce aux tests ADN sous réserves nous pourrons collecter des données qui promettent d'améliorer notre surveillance de l'être humain".

 

Rédacteur Suprême

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