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Saddam Hussein prix Nobel de la désinformation

correspondance de Guernesey
publié le 19-02-2003

Le dictateur irakien s'est vu attribuer le prix Nobel de la désinformation, en reconnaissance "de son immense talent de manipulateur qui l'a fait se jouer des foules occidentales avec le talent d'un marionnettiste de Guignol" selon le jury qui lui a délivré cette récompense.

Une médaille bien méritée
CC Wikimedia

Sans même avoir eu à lancer le moindre appel à la manifestation, le trublion du Tigre est parvenu à rassembler le même jour des dizaines de millions de personnes venues exprimer leur soutien à sa cause, d'un bout à l'autre de la planète. "Entre Pinocchio et Dr.Folamour, il y avait une place à prendre que le petit père de Babylone occupe avec brio" reconnaît Norton C.Ridewell, le président du jury.

Seule ombre au tableau, la France, où malgré les efforts désespérés de la diplomatie française pour ne pas provoquer l'ire du moustachu de l'Euphrate et le soutien officiel du président Chirac, à peine 200 000 personnes sont descendues dans les rues tandis qu'on en comptait plus de 3 millions à Londres et autant à San Francisco et New York, au coeur même du territoire ennemi.

Tout à l'allégresse de sa récompense, le matamore de Mossoul a déclaré bien vouloir "fermer les yeux sur l'indiscipline légendaire des français en ce jour de fête pour la paix dans le monde", ajoutant qu'il fallait "savoir rester modeste car l'Irak a gagné une bataille mais n'a pas gagné la guerre".

Pour le professeur Bazeloberg, chaire supérieure d'histoire, grande et petite, "avec cette récompense, Saddam Hussein entre dans l'Histoire au-dessus d'Hitler en 1938 ou de Staline en 1939 : alors même qu'on a pu dès l'époque associer un lieu ou un nom à leur forfanterie, qu'il s'agisse de celui de Munich ou de celui du pacte germano-soviétique, Saddam Hussein est parvenu à une mobilisation bien plus forte mais totalement diffuse, empêchant l'Histoire d'y associer le moindre nom de ville, de traité ou de personnage".

Ce 15 février 2003 restera malgré tout le point d'orgue de la manipulation irakienne, parvenue à mobiliser le soutien des populations civiles en territoire ennemi sans avoir eu à y déverser le moindre tract.

Dévoilant quelques-uns des ressorts de cette manipulation, le professeur Bazeloberg a bien voulu en analyser les ficelles pour nos lecteurs, pourtant habitués des fausses informations en tout genre : "source non exprimée de la menace, Saddam Hussein parvient à inverser les rôles en s'appuyant sur le désir rationnel et désespéré de ses victimes de sauver la paix. Diabolique, mais efficace".

"En général, nous sommes obligés de nous exprimer pour mentir" commente Norton C.Ridewell, politologue et psychologue en relations internationales, "par là-même, nous courrons ce que j'appellerai le risque d'altruité. Saddam Hussein, lui, parvient à orchestrer un mensonge planétaire sans même s'exprimer, s'appuyant sur le désir sécuritaire collectif : c'est une grande leçon d'humilité pour tous les menteurs du monde".

#Saddam Hussein | #prix Nobel | #désinformation | #Irak |

 

Correspondant à Guernesey

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