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La prime de précarité en sursis

correspondance des Palais de Justice
publié le 01-09-2004

Annoncée à tort dans nos colonnes comme supprimée dès le 1er avril dernier, la prime de précarité destinée à compenser pour le salarié titulaire d'un contrat de travail à durée déterminée (CDD) la perte de son emploi suite à l'expiration de son contrat semble finalement vivre ses dernières heures.

Constatant qu'un grand nombre de salariés était titulaire d'un CDD et afin de faciliter l'embauche des personnels temporaires sans pénaliser les entreprises, le gouvernement, sous l'impulsion du ministre de la sécurité de l'économie et des finances, a décidé de soumettre à la ratification du parlement un projet de loi visant à supprimer la prime de précarité à partir de janvier 2005.

Selon Nicolas Sarkozy, "cette prime de précarité se concevait lors des périodes de plein emploi où l'embauche des salariés intérimaires ou en CDD était exceptionnelle. Actuellement les entreprises rechignent à conclure des contrats de travail à durée indéterminée (CDI) et préfèrent recourir à des CDD qui permettent de se séparer plus facilement d'un salarié. Or l'existence de cette prime de précarité décourage nombre d'employeurs à avoir recours à un CDD. Si nous voulons agir efficacement contre le chômage, il faut encourager les entreprises à embaucher et par conséquent diminuer pour les employeurs les risques financiers liés au recrutement".

Le Medef approuve sans réserve cette loi "qui va dans le bon sens". Selon son vice-président, Guillaume Sarkozy, "il est constant que le droit du travail, largement favorable aux salariés, a découragé les entreprises à recruter des personnels temporaires. Le risque de voir requalifier en CDI une mission d'intérim de trois jours est réel. En outre il est aberrant d'avoir à payer une prime au salarié pour le seul motif que son contrat arrive à expiration. Cette prime de précarité d'inspiration bolchevik n'a plus lieu d'être dans notre économie libérale. Un salarié embauché en CDD ou en intérim devrait être reconnaissant à l'entreprise de lui fournir du travail, ne fût-ce que pour une période limitée. Lorsqu'il signe son contrat le salarié a parfaitement conscience que c'est pour une durée limitée. Il n'y a donc pas lieu de compenser l'arrivée du terme, contractuellement prévue, par le versement d'une prime".

Interrogé, François Hollande a paru surpris par les propos du représentant du Medef mais est encore incapable de donner la position officielle du PS sur cette innovation sociale. Il nous a cependant confié ne pas être a priori hostile à cette mesure qui a pour but de relancer l'emploi.

En tout état de cause, la loi sera votée dès la rentrée parlementaire.

 

Correspondante dans les Palais de Justice

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