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Interview exclusive avec Julia Channel avant le salon de l'érotisme de Bruxelles

correspondance de Bruxelles
publié le 05-12-2004

Les organisateurs pensant ainsi gonfler le nombre d'entrées du salon de l'érotisme de Bruxelles qui aura lieu du 18 au 21 février 2005 au Parc des Expositions, Hall 69, et non plus à l'Espace Pyramides, place Rogier, comme l'année dernière, nous avons facilement obtenu une entrevue fort intéressante et pleine de confessions intimes avec l'actrice de charme la plus en vogue du moment.

Comme aucun membre de la rédaction n'a semblé être intéressé pour mener cet entretien, c'est donc sur moi qu'échoua la besogne ô combien ingrate de couvrir la promotion de ce salon de l'érotisme, avec le plaisir de la curiosité, la résignation, la dévotion et le courage immense qui caractérise l'intrépide journaliste expatriée dans la capitale européenne d'Outre-Quiévrain, votre servitrice.

Pour commencer, je l'avoue, j'ai dû procéder à un sérieux travail de fond sur le sujet. Trouver au moins un obsédé sexuel reconnaissant son statut fut relativement facile. Un qui soit abonné à Canal+ (pardon, on dit BE1 ici maintenant) déjà un peu moins trivial.

Mais un qui accepte en sus et sans aucune contrepartie en nature, de bien vouloir initier un esprit vierge de toute pensée perverse ou lubrique de par sa libido assez douce, j'en ai quand même trouvé UN (en passant, je vous déconseille pour ce faire de chercher parmi les costume-cravate ayant l'air romantique et innocent, ce sont à coup sûr et de loin les plus vicieux d'entre tous).

Après avoir visionné les meilleurs morceaux, selon lui, des K7 et DVD de sa collection privée, à ne plus pouvoir distinguer les positions du Kama-Sutra des prises de catch ou de lutte romaine, et profité de l'étendue de son savoir, je suis sortie de mon entrevue avec ledit personnage juste à temps pour ne pas avoir à lui mettre une baffe, avec de bons tuyaux sur Internet (où d'après lui on peut encore fort heureusement se rincer l'oeil, et le reste, gratuitement et faire de "bonnes" rencontres), un vocabulaire enrichi, une révision mentale complète de mes bases d'arts martiaux au cas où la baffe n'aurait pas été suffisante et une liste de questions qu'un homme un peu "porté sur la chose" aimerait poser à une fille ayant joué un rôle actif dans le film pornographique qui remporterait les Hots d'or du moment.

Forte de tous ces atouts en main, je me sentais d'attaque pour le rendez-vous du lendemain.

Le lendemain donc, je pénètre enfin, avec un peu d'appréhension tout de même (c'est dur le métier de journaliste !), dans un des temples de la pornographie, j'ai nommé les bureaux bruxellois de Marc Dorcel Video (VMD) où je dois rencontrer la star du X Julia Channel.

Houlà ! Dès sept heures du matin, ça s'agite déjà là-dedans. Alors qu'il fait plutôt frisquet dehors, tout le monde est habillé sexy et léger, du charmant jeune homme occupé avec la photocopieuse à l'hôtesse d'accueil. Vive la climatisation.

Je suis dirigée sans attente vers le bureau très bien aménagé de Julia, après avoir traversé un long couloir couvert de posters encadrés d'affiches de films allant de la plus aguichante à la plus vulgaire. Je la découvre toute pleine de fraîcheur malgré l'heure très matinale, dans un tailleur strict, bas nylon, chignon, lunettes et talons aiguille.

Julia Channel - Bonjour. Vous vous attendiez à me voir arborant une tenue genre froufrou et dentelles, avec un décolleté à gorge profonde, et non en uniforme de femme d'affaires ? Dites-vous bien que ce genre de look excite beaucoup plus l'imagination, notamment parmi les adeptes du porte-jaretelles.[Rires]
Correspondante de Bruxelles, s'asseyant tout en souriant - Bonjour. Non, justement, je m'attendais plutôt à cela.
J.C. - Par contre moi, je m'attendais plutôt à voir un homme en face de moi.
C.B. - Je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer le luxe ambiant des locaux en arrivant.
J.C. - Oui, l'industrie du sexe de porte de mieux en mieux.
C.B. - Et à quoi attribuez-vous cela ?
J.C. - Sans doute au fait qu'elle ait désormais pignon sur rue. Fini le temps des bureaux miteux où se construisaient des films glauques avec des moyens ridicules et des conditions de travail catastrophiques, qui se vendaient sous le manteau à la sauvette. Et ce pour le plus grand bien de tous. Sex-shop, film porno, cabaret à strip-tease intégral, massage érotique, petites annonces, site internet, tout cela constitue un vocabulaire très usité de nos jours pour des moyens d'épanouissance sexuelle qui ne se cachent plus. Espérons que cette émergence de la pornographie puisse aider à endiguer la violence sexuelle de la vie réelle.
C.B. - Hum, espérons. Mais il me semble pourtant que les scénarios des films n'ont guère évolués, eux.
J.C. - Non, les fantasmes sexuels restent toujours plus ou moins les mêmes, des jeunes vierges nues et offertes jusqu'à l'inavouable dame à fort embonpoint, en passant par le fétichisme et la classique partouze. Ceci dit c'est vrai que dans le "hard porno", il n'y a pas besoin de faire preuve de beaucoup d'imagination. Mais dans les films plus soft, dit "roses", beaucoup sont plus ouverts aux fantasmes des femmes et ont un vrai scénario qui tient plutôt bien la route en général.
C.B. - Oui, dans la première catégorie, il me semble qu'il soit toujours question de maquillage outrageant et d'absence de poils pour ces dames, de [censuré] sauvages, de [censuré] ridicules et de [censuré] qui font plutôt songer à une version très perverse de jeu avec des Barbie et des Ken ?
J.C. - Vous savez, ces clichés sont inévitables pour des spectateurs à l'intellect de primate et à la mentalité de voyeur. Il ne faut pas forcément y voir de la misandrie primaire.
C.B. - Tout le monde se demande comment se conçoit à la base le pseudo d'un acteur ou d'une actrice de films X.
J.C. - Avant, un pseudo avait toujours une connotation érotique. Maintenant, c'est différent. Les pseudos sont choisis en fonction de leur facilité à être retenu et... des moteurs de recherche sur internet.
C.B. - Vous voulez parler de Booble et searchextreme ?
J.C. - Pas seulement ; de tous les moteurs et surtout Google. Et tous les sites, y compris le mien, tiennent compte des habituelles fautes de frappe commises par les internautes. Comme ceux qui cherchent Julia Chanel, Clara Morgan au lieu de Clara Morgane, Michelle Wilde pour Michèle Wild, Tifany Hopkins à la place de Tiffany Hopkins, Melanie Costes pour Mélanie Coste, Olivia Delrio pour Olivia Del Rio, Zahra White au lieu de Zara Whites, Aria Giovani à la place de Aria Giovanni, Laure Sinclaire au lieu de Laure Sainclair ou encore Estele Desange pour Estelle Desange. En fait, il n'y a guère que Nina Roberts, Katsumi ou Ovidie, cette dernière jouissant d'une notoriété largement plus ouverte au grand public, dont les pseudos n'aient pas été écorchés.
C.B. - Et en dehors des actrices, les acteurs X ne font pas parler d'eux sur internet ?
J.C. - Bien sûr que si ! Vous n'avez qu'à invoquer les noms de Hervé-Pierre Gustave, dit HPG, Roberto Malone, Jean-Pierre Armand, Yves Baillat, Greg Centauro, Jean-Yves Lecastel ou encore Sébastien Barrio.
C.B. - Je note, je note. Et ... Rocco Siffredi ?
J.C. - Je pense qu'on peut considérer la légende comme étant retirée du circuit.
C.B. - Beaucoup de nos lecteurs se demandent comment devenir actrice ou plutôt acteur porno...
J.C. - En dehors des standards esthétiques de base comme une forte poitrine pour les filles et un sexe de longueur appréciable pour les garçons, beaucoup de vocations se découvrent justement à l'occasion des nombreux salons de l'érotisme, lors de rencontres suivies de castings en coulisses. Mais dites-moi, en général, on pose ce genre de question en prétextant que c'est le problème de quelqu'un d'autre alors que ... bref, ce n'est plus en commençant comme amateur de nos jours que l'on peut espérer faire carrière dans le métier.
C.B. - Quelles sont vos convictions politiques ?
J.C. - Je suis adhérente à l'UMP et fervente admiratrice de Nicolas Sarkozy !
C.B. - Comment faites-vous pour vous maintenir en forme ?
J.C. - Je fais beaucoup de sport, de gymnastique, d'exercices d'assouplissement et de vocalise. Cela permet de maintenir le caractère sensuel de mes gestes et de mieux pouvoir simuler l'orgasme sexuel.
C.B. - Vous avez un ami ?
J.C. - Oui, j'ai un copain. Et non, il ne fait pas partie du milieu et... je vous vois venir : oui, je fais vraiment l'amour avec lui. Cela n'a absolument rien de comparable ni d'incompatible avec mon gagne-pain actuel.
C.B. - Parlons justement argent ... Vous gagnez combien ?
[Le téléphone sonne]
J.C. - Oui ? Oui ? ... Oups, je suis désolée, je dois vous laisser. Tenez, voici deux entrées gratuites pour le salon. A bientôt !

 

Correspondante à Bruxelles

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