Aimez-vous Victor del Arbol ?

publié le 31-08-2015

C'est à la faveur d'un tweet #vendredilecture de notre bien-aimé Rédacteur Suprême que Victor del Arból a manifesté son désir et même son impatience d'être interviewé par Maître Roger. Après avoir réglé la question de la langue (Victor comprend le français mais ne l'écrit pas, Roger parle et écrit le français mais manifeste d'importantes lacunes en castillan), puis que notre admiré Rédacteur Suprême ait appliqué le délai usuel de procrastination, l'interview de l'auteur de «La tristesse du Samouraï» et du tout récent «Toutes les vagues de l'océan» paraît enfin pour le plus grand plaisir de nos lecteurs avides de mieux connaître l'écrivain espagnol. Remercions au passage les inventeuses du #vendredilecture sans lesquelles Maître Roger n'aurait peut-être jamais rencontré Victor del Arból, tandis que Nicolas Sarkozy espère toujours, lui, discuter avec Hemingway.

Victordelarbol

Victor del Arból (@Victordelarbol)

son blog : Victor del Arbol

Victor, peux-tu te présenter à nos lecteurs : qui es-tu ? D'où viens-tu ? Que fais-tu dans la vie ?

Presentarse a uno mismo fuera de las letras me resulta un poco paradójico. Es difícil escapar de los clixés. Diría que a mis 47 años he conseguido saber quién soy, más o menos. Nací y vivo en Barcelona, soy escritor. Y lo soy porque la literatura es mi verdadera pasión; ya lo era desde niño. En cuanto a lo que hago en la vida...Intento aprender el difícil oficio de vivir, de tener los ojos, los oídos y la mente abiertos a lo que ocurre a mi alrededor.

Se présenter soi-même hors du monde des lettres me semble un peu paradoxal. Il est difficile d'échapper aux clichés. Je dirai qu'à 47 ans j'ai réussi à savoir qui je suis, plus ou moins. Je suis né et je vis à Barcelone, je suis écrivain. Et je le suis parce que la littérature est ma vraie passion, ça l'était déjà quand j'étais enfant. Quant à ce que je fais dans la vie... j'essaie d'apprendre le difficile métier de vivre, d'avoir les yeux, les oreilles et l'esprit ouverts, d'être attentif à ce qui arrive autour de moi.

Travailles-tu toujours dans la police ou bien es-tu devenu écrivain à plein temps ?

Fui policía durante 20 años; en el año 2012 lo dejé para dedicarme exclusivamente a la escritura.

J'ai été policier pendant 20 ans. J'ai arrêté en 2012 pour me consacrer exclusivement à l'écriture.

Sur ton blog, tu recommandes des livres d'autres auteurs : Rafael Reig, Luis Landero, Emmanuel Carrère... Est-ce que eux aussi recommandent tes livres sur leurs blogs ?

Esto no funciona así; al menos no conmigo. Soy un lector voraz y escribo y recomiendo los libros que me gustan por alguna razón en particular. Me gusta compartir descubrimientos. Yo no tengo constancia de que ninguno de estos autores haya recomendado una novela mía. Detesto el clientelismo.

Cela ne fonctionne pas comme ça, en tout cas pour ce qui me concerne. Je suis un lecteur vorace et je recommande les livres que j'aime pour une raison ou une autre. J'aime partager mes découvertes. Je ne sais pas si un de ces auteurs a recommandé un de mes romans. Je déteste le clientélisme.

Tu as commencé ton blog, titré avec pertinence «Victor del Arból», en juin 2014, alors que tu étais un écrivain déjà célèbre. Est-ce que tu avais déjà un blog avant d'écrire des livres ?

Es heredero de otro blog que inicié hace ya bastantes años y que se llamaba "La hoja de Víctor" y que al crear la web oficial se incorporó a este. No tiene nada que ver ser más o menos conocido. Soy bastante activo en redes sociales. Creo que es una buena herramienta para comunicarte con los demás sin intermediarios. Puedo hablar de lo que me apetece con libertad absoluta.

Il est l'héritier d'un autre blog que j'avais commencé il y a plusieurs années et qui s'appelait « La feuille de Victor » et qui, lorsque j'ai créé la page officielle victordelarbol.com s'est intégré dans celle-ci. Ça n'a rien à voir avec le fait d'être un écrivain plus ou moins connu. Je suis assez actif sur les réseaux sociaux. Je crois que c'est un bon outil pour communiquer avec les autres, sans intermédiaires. Je peux parler de ce dont j'ai envie avec une liberté absolue.

Et d'ailleurs, quand et comment as-tu commencé à écrire des livres ?

El primer relato del que tengo noción lo escribí a los doce o trece años. Desde entonces nunca lo he dejado. Tengo una mania: cuando empiezo algo me gusta acabarlo. He escrito cinco novelas y unas me han costado más años que otras. Si me preguntas cuando publiqué la primera, fue en 2006; una novela titulada El Peso de Los Muertos. Fue la primera vez que sospeché que podría vivir de mi pasión.

Le premier récit dont je me souviens, je l'ai écrit à douze ou treize ans. Depuis lors, je n'ai jamais arrêté. J'ai une manie : quand je commence quelque chose, j'aime le terminer. J'ai écrit cinq romans et quelques-uns m'ont pris plus de temps que d'autres. Si tu me demandes quand j'ai publié le premier, c'était en 2006, un roman intitulé «El Peso de Los Muertos» (NdT : Le poids des morts). C'était la première fois que j'ai senti que je pourrais vivre de ma passion.

Tu n'ignores pas que la parution de ton interview bilingue castillan-français dans Désinformations.com va t'apporter célébrité et gloire dans le public francophone. Es-tu prêt à répondre à ton futur public de fans francophones ?

Jaja. La fama y la celebridad son hojas demasiado efímeras ¿no crees? Mejor que las novelas que escribo se asienten con solidez en el imaginario de los lectores. Soy un ingenuo: creo que si haces las cosas con honestidad acabas triunfando. Y sí, claro que voy a estar ahí para los lectores franceses. No entiendo este oficio si no es compartiendo con los lectores.

Ha ha. La réputation et la célébrité sont comme des feuilles : trop éphémères, tu ne crois pas ? Il vaut mieux que les romans que j'écris s'appuient solidement dans l'imaginaire de mes lecteurs. Je suis un naïf : je crois que si fais les choses honnêtement, tu finis par triompher. Et, oui, bien sûr, je serai là pour les lecteurs français. Je n'entends pas ce métier d'écrivain sans partager avec les lecteurs.

Comment ta vie a-t-elle changé depuis que tu connais Maître Roger ?

En la vida se conoce a muchas personas y nunca sabes dónde estará el cruce de camino que te cambie el destino o que te lleve a él. Por ahora, si te parece, vamos a dejarlo en una interrogante con signo admirativo.

Dans la vie, on rencontre beaucoup de personnes et on ne sait jamais où sera le croisement des chemins qui changeront le destin ou qui t'amèneront à lui. Pour le moment, si tu le veux bien, nous allons laisser cela sur une interrogation avec un point d'exclamation.

Si Maître Roger vient à Barcelone, où irez-vous dîner ensemble ?

Eso está hecho. Conozco un restaurante en la plaza San Felipe Neri que te encantará. Pollo con ciruelas y canelones. El vino lo elijo yo y Pero pagaremos a medias ok?

C'est comme si c'était fait. Je connais un restaurant sur la place San Felipe Neri que tu vas adorer. Poulet aux pruneaux et des cannellonis. Le vin c'est moi qui le choisis mais on paiera moitié-moitié. Ok ?

Est-ce que tu écoutes de la musique pour écrire tes livres ? Et pour répondre à cette interview ?

Siempre estoy escuchando música, diferentes registros según mi estado de ánimo. Y sí, mientras respondo tu entrevista escucho la sinfonía número 3 de Brahms

J'écoute toujours de la musique, différents styles selon l'humeur du moment. Et oui, pendant que je réponds à ton interview, j'écoute la 3ème Symphonie de Brahms.

J'ai lu «La tristesse du samouraï» et, sans dévoiler la fin à nos lecteurs, disons que le député Publio s'en sort plutôt bien, surtout par rapport aux autres personnages de ton roman. C'est parce que tu vis dans un beau pays où tous les coupables n'ont pas été punis que tu t'es mis à écrire des livres ?

Digamos que España es un lugar maravilloso cuyos líderes no siempre han estado a la altura de sus conciudadanos. Somos una sociedad fuerte, que cambia con rapidez y con valores muy arraigados. Pero cuarenta años de dictadura nos dejaron una cierta tendencia a la desmemoria. La crisis económica actual nos está sacudiendo contra nuestra propia resignación. Hoy, Publio no se iría a su casa tranquilamente después de hacer lo que hizo. Los españoles no se lo permitiríamos.

Disons que l'Espagne est un endroit merveilleux dont les dirigeants ne sont pas toujours à la hauteur de leurs concitoyens. Nous sommes une société forte qui change rapidement avec des valeurs profondément ancrées. Mais quarante ans de dictature nous ont laissé une tendance à l'oubli. La crise économique actuelle nous secoue contre notre propre résignation. Aujourd'hui, Publio ne serait pas rentré à la maison tranquillement après avoir fait ce qu'il a fait. Nous, les Espagnols, ne le permettrions pas.

 

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