Clarisse, soumise et blogueuse, pour public averti (NSFW)

publié le 16-11-2015

Maître Roger avait donc lancé son appel sur twitter pour de nouvelles interviews et parmi les réponses reçues, deux blogueuses «soumises» se sont manifestées. Sophie, suivie de Clarisse, deux blogueuses de charme aux pratiques sexuelles qui ne manquent pas d'inspirer abomination et perversion aux bien-pensants, pisse-froid et autres détraqués du djihadisme. La jeune Clarisse écrit «soumise-blog» et a donc souhaité ardemment le faire connaître à la gente impressionnée de nos lecteurs bien désinformés et adultes consentants autant qu'avertis. A peine revenus du voyage au bout des nuits de Sophie, laissons à nouveau les enfants chez Mamie pour plonger dans le monde de Clarisse. Un monde où vous n'êtes pas les bienvenus, les enfants, ne le prenez pas mal, c'est pour votre bien. Si, si.

CaliopeClarisse

Clarisse Calliopé (@CaliopeClarisse)

son blog : Soumise Blog

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Clarisse, peux-tu te présenter à nos lecteurs en trois mots, en expliquant pour chacun en quoi ils sont la thèse, l'antithèse et la synthèse de ce que tu es 

Ce qui est très probablement le mot qui me correspond le plus, au-delà de mon rôle de soumise, mais avant tout de femme, d'être humain, c'est la curiosité. Je me suis toujours piquée d'intérêt pour tout ce que je pouvais approcher de près ou de loin. Cette qualité m'a depuis mon plus jeune âge poussée à vouloir toujours en découvrir plus de tout, à ouvrir mon champ des possibles et approcher mes plaisirs avec plus de proximité. Je n'ai jamais eu peur d'aller vers mes désirs et mes curiosités. Sexuellement c'est ainsi que j'ai été vers toujours plus de sadisme, de brutalité et c'est au fil du temps que j'ai vu se révéler chez moi un plaisir tel qu'il n'en comporte désormais plus aucune retenue. Et aujourd'hui, sur ce point comme sur de nombreux autres aspects de ma vie personnelle, je vie une sexualité pleine et épanouie qui me correspond cette fois tout à fait.

L'honnêteté est ensuite je crois un attribut qui me décrit assez bien. Tout d'abord envers moi même, car je ne me cache rien, et j'essaie de toujours voir mes réalités en face, même lorsque ça blesse mon égo. Cela me rend sincère envers moi même, tout autant que je le suis avec les autres. Mentir pour moi m'est vraiment très difficile, je suis une très mauvaise menteuse. Je pense que c'est la première des qualités que se doit d'avoir une soumise. Car dans notre relation, mon Maître et moi, pour arriver à obtenir une relation si forte et si exaltante, la sincérité et l'honnêteté sont des concepts absolument fondamentaux. Et même pour avouer une faute à mon Maître, je préfère obtenir punition méritée et à la hauteur de ma bêtise que de lui mentir pour m'en soustraire très lâchement. Mentir même un instant reviendrait à gangrener ma relation (avec toutes les conséquences que cela pourrait impliquer), et c'est là tout ce que je ne veux pas. Cependant, mon Maître est un homme juste qui m'aura toujours encouragée en ce sens.

Et pour terminer, le vice ;) Oh que oui ! Mon esprit s'anime rien qu'à l'idée du vice en lui-même. Je dois bien reconnaître que le vice est en moi, partout et en tout ce qui touche à ma sexualité. J'ai des amusements et des excitations d'un autre registre que celui du commun des mortels, cela ne fait pas de moi quelqu'un de détraquée ou d'instable, bien au contraire, j'ai en dehors de cela une vie tout à fait normale, et mes addictions sexuelles ne font pas de moi une personnalité pathologique ou hors la loi. Simplement j'ai un besoin viscéral de brutalité, de persécution et de douleur pour réussir à véritablement prendre mon pied sexuellement. Voilà tout.

Comment et pourquoi es-tu devenue blogueuse soumise ?

Voilà cette fois bientôt 10 mois que j'ai débuté la rédaction de mon blog, qui aujourd'hui fait tout bonnement vivre Clarisse Calliopé. Clarisse c'est la soumise exhibée que je suis, rien de plus. Mais pour la jeune femme que je suis, c'est une partie de moi non négligeable qui me réjouit énormément désormais. L'idée du blog à sa naissance vient de mon Maître. Il a tout de suite pris conscience de mon manque de confiance en moi, mais aussi de mon goût certain pour la lecture / écriture avec lui. Et c'est ainsi que mon Maître a décidé de me proposer la rédaction d'un blog, pour m'ouvrir, pour m'aider à m'assumer aussi. J'ai au départ simplement crée un petit blog sans grande espérance, et j'ai été surprise de constater qu'au fil du temps mon blog à toujours plus de succès de jours en jours. Et pour mon développement personnel, cela a marché à merveille car aujourd'hui j'aime vraiment ce que je fais par ce biais et cela me permet même de pallier à la distance entre mon Maître et moi parfois. Mon blog devient mon «pied à terre», mon mur d'expression, ma voix de soumise publique en clair !

Etait-ce ton premier blog ou avais-tu eu une vie antérieure de blogueuse avant «Soumise-blog.com» ?

Non, c'est une véritable première pour moi ce blog, c'est devenu ma petite fierté d'ailleurs. Avant soumise-blog.com j'avais un blog wordpress.com que j'ai rapidement abandonné pour des raisons de libertés / facilités de conception.

Qui sont les lecteurs et lectrices de ton blog ? Entretiens-tu des relations épistolaires avec eux ?

J'ai créé un véritable personnage autour de mon blog, et pour promouvoir ce blog j'ai mis en place de nombreux comptes sur différents réseaux sociaux, BDSM ou non. Ainsi j'espère avoir pu toucher un panel de lecteurs le plus varié possible. Car dire quel lecteur je touche très exactement m'est assez difficile, mais en tout cas je sais qui je vais aborder. Car je ne cherche pas à être sélective, et faire d'une certaine tranche de personnes des lecteurs privilégiés, puisque chaque lecteur est unique et, à mes yeux, qu'il s'agisse simplement d'un curieux pervers ou d'un adepte averti, tous mes lecteurs ont la même valeur. Ils sont pour la plupart des hommes je crois, ou plutôt c'est ceux-ci qui se manifestent le plus, les femmes qui me lisent sont surement moins nombreuses pour des raisons évidentes comme dans tout ce qui touche au «cybersexe», mais aussi plus discrètes. Concernant les relations épistolaires, à celui qui désire m'écrire de le faire et je réponds dans les meilleurs délais toujours avec grand plaisir, ce qui m'arrive tout de même assez régulièrement. Car j'aime partager et interagir avec mes lecteurs. D'autant plus que ce sont ces personnes-là même qui font vivre mon blog.

C'est bien, pour pécho, un blog de soumise ?

Rire ! Je ne sais pas du tout, car je ne suis pas dans cette optique-là. Tout du moins en ce qui concerne la gente masculine. Beaucoup d'hommes m'abordent, mais d'une façon très indélicate et déplacée, des hommes qui me parlent sans même me connaître, des lecteurs qui finalement n'en sont pas, car ce sont simplement des personnes qui survolent mes articles pour simplement se rincer l'oeil et rien d'autre. Cela étant dit, je suis persuadée que mon blog me permet de donner une image de marque à ma personne et que pour rencontrer dans ce domaine cela resterait un avantage considérable. Puisqu'en ce qui concerne les femmes, pour «pécho» cela n'a à ce jour pas encore été très fructueux, en tout cas, ce n'est pas l'élément même qui me permettrait de faire des rencontres. Pour cela nous sommes mon Maître et moi-même inscrits sur des sites de rencontres libertins, et le blog devient alors notre carte de visite pour les intéressées.

Est-ce que ton «Maître» lit tes billets avant parution ?

Non pas toujours, Mon Maître est le premier informé de la parution de mes articles mais il n'a jamais exprimé le besoin de lire mes articles avant leurs parutions. Il me laisse cette liberté totale de créativité et de rédaction, et me fait une absolue confiance sur ce plan, et j'essaie à chaque fois de lui donner raison en ce sens. Cependant il à tous les droits, c'est-à-dire qu'il pourrait s'il le veut faire ratifier, modifier ou supprimer n'importe quel article de mon blog, ce qui n'est jamais arrivé jusqu'alors.

Et qu'en pense-t-il, de ce blog ?

Etant lui-même à l'origine de la démarche, mon Maître se voit ravi de la réussite de mon blog et surtout de mon épanouissement par ce biais. Il ne porte aucune sorte d'importance à la fréquentation du blog, au fait que Clarisse devienne un véritable personnage dans le domaine, à une logique de compétitivité quelconque. Simplement il m'encourage car il voit tout le bien que ce blog peut me faire et ce que cela nous apporte à tous les deux. Mon Maître à plaisir à me lire et me voir m'épanouir à la rédaction. Ecrire sur nos séances lui permet un feedback très appréciable, ainsi il me connaît toujours plus précisément, et rentre directement dans mes pensées. C'est comme ça qu'au fil du temps, Monsieur sait mieux encore ce qui me plait et m'excite, tout comme ce qui m'humilie et me trouble. Nos jeux deviennent d'autant plus complices et c'est indirectement un peu grâce au blog.

Est-ce que ton «Maître» lira cette interview avant parution ?

Oui tout à fait, c'est lui déjà qui m'a donné son accord pour me laisser vous répondre, et lui-même également qui va lire mes réponses avant que je ne vous les fasse parvenir. D'ailleurs je ne vis pas cela comme certain pourraient se l'imaginer, comme un «flicage» permanent, une pression comme simple marque de possession abusive. Mais c'est surtout l'inverse, j'ai besoin de son avis et de son accord pour me sentir bien dans l'accomplissement de ce genre d'activité. Dans la plupart des décisions que je prends sous l'ordre de mon Maître, c'est moi qui lui en fais la demande.

Ce n'est pas angoissant, cette relation «Maître» - «Soumise», avec ce Maître dont le bien-être dépend totalement de toi ?

Voilà exactement le type de réflexion que quelqu'un de totalement extérieur à ce genre de pratique peut facilement penser, c'est-à-dire s'imaginer que cela est angoissant de subir la pression permanente de son Maître sur ses épaules. Alors que la situation est totalement inverse en réalité, j'ai besoin de cela, j'ai besoin de me montrer utile pour mon Maître, c'est notre équilibre à nous. Mon Maître m'éduque et en contrepartie, je lui suis totalement dévouée, c'est comme cela que ça marche et ça ne peut se passer différemment. Il est question de confiance absolue, et paradoxalement pour le Maître bien qu'il soit sadique, de bienveillance et de bon soins envers sa soumise. Et lorsque l'équilibre est en place naît alors véritablement une relation profonde et intense, et personnellement, je ne vois plus ma vie autrement que comme cela. Après cet équilibre se cultive soigneusement, c'est une attention de chaque instants; à moi de toujours rendre heureux mon Maître et de le satisfaire, et à mon Maître de m'éduquer à la hauteur de ce que je mérite et de cette façon, me faire évoluer dans les limites de mes capacités. Ce qui ne l'empêche cependant pas bien au contraire de me pousser à toujours me surpasser, et c'est cela qui est bon.

Ton interview paraîtra le même jour que celle de Sophie, soumise aussi, blogueuse de «Les Nuits de Sophie». Est-ce que les blogueuses soumises se connaissent ? Est-ce que vous avez un lieu de rencontre underground pour partager vos trucs et astuces de soumises ?

Les blogueuses se connaissent car elles se lisent entre elles, car moi-même avant d'écrire j'en ai beaucoup lu. Après c'est assez personnel, je ne peux pas parler au nom de toutes les blogueuses, mais en tout cas, pour ma part, j'aime beaucoup lire le blog de certaines soumises, maîtresses, Maîtres avec qui j'interagis beaucoup pour certain. J'aime l'échange constructif que je peux en tirer, car je dois tout de même bien avouer que rares sont ces personnes qui poussent la réflexion plus loin que le bout de leurs nez, ce qui me plaît beaucoup personnellement, alors si je lis un article qui me parle ou qui me pose question, j'aime à prendre contact et en discuter personnellement avec l'écrivain(e).

Après, pour vous répondre, nous ne faisons pas de rencontres undergound spécialement dédiées aux blogueurs, mais je sais qu'il existe par contre des Munchs, des moments de rencontres entre adeptes, ou s'ils le veulent, deux blogueurs peuvent se rencontrer amicalement. Personnellement, nous n'y participons pas.

Vos interviews étant publiées le même jour, j'ai eu l'idée géniale de vous faire échanger une question. Sophie a répondu à ta question. Et voici la question que te pose Sophie :

Clarisse, toi et moi, chacune à notre manière, avons apprivoisé notre soumission. Comble de la bizarrerie, nous jouissons de la souffrance que nous inflige l'homme à qui nous nous sommes données. Penses-tu que nous sommes folles ?

Folles sûrement pas non, c'est justement ce sur quoi nous devons nous justifier face à ce que nous appelons le monde «vanille» (autrement dit, des personnes à la sexualité dite «normale») très fréquemment, notamment depuis le phénomène «50 Nuances de Grey ». Car beaucoup supposent que nos pratiques atypiques découlent forcément d'un traumatisme psychologique, nous faisant ainsi passer pour des instables. Alors que c'est même le cas contraire, une étude très sérieuse à récemment démontré que les adeptes BDSM étaient des personnes tout à fait équilibrées, avec une santé mentale dépassant même celle des personnes à la sexualité «Normale». Mais là n'est pas la question. Simplement nous n'avons pas plus de motif que n'importe qui d'autre pour être «fou». Cependant, ce que je crois me concernant, et ce qui est pour moi la véritable peine dans mon statut, c'est que je ne suis pas normale. Mais j'apprends que la normalité n'est pas faite pour moi, simplement. J'ai une personnalité discrète, et dans ma vie je n'ai de cesse que de courir à tors après la normalité pour rentrer dans le «rang» du citoyen moyen. Mais j'apprends à voir mes réalités en face et assumer pleinement mes penchants. Je suis une soumise masochiste et c'est ainsi, je ne suis peut-être pas dans la normalité, mais je ne suis pas folle c'est certain. J'ai un équilibre psychologique qui n'est pas celui du commun des hommes mais c'est ainsi que je trouve mon bonheur et mon épanouissement, et cela s'arrête là. C'est comme demander à quelqu'un qui n'aime pas telle ou telle couleur pourquoi ? Ces choses-là ne s'expliquent pas, et même si j'aime le noir alors que 99% de mes semblables n'aiment que le gris et bien c'est ainsi. Ne pas ressembler aux autres n'est pas ni une maladie, ni une tare, c'est une façon de s'épanouir bien marginale et hors normes, voilà tout.

Tu sais que la publication de ton interview dans un web-journal à grande audience comme Désinformations.com va t'apporter encore plus de gloire et de célébrité que celle que tu as déjà légitimement acquise. Es-tu prête à être reconnue quand tu te promèneras dans la rue ou dans les réseaux sociaux ?

Sourire. Non je ne suis pas prête à être reconnue dans la rue. Je ne dévoile ni mon visage, ni mon identité véritable sur la toile, car je dissocie totalement Clarisse (soumise virtuelle) de la femme lambda que je suis en dehors de tout cela. Pour une question évidente de sérénité, de sécurité. Donc même si j'ai conscience que votre interview va m'apporter une certaine lumière supplémentaire sur mon personnage, personne n'en saura jamais rien de la jeune femme qui se promène dans la rue. Concernant les réseaux sociaux par contre je serais ravie d'accueillir toutes les personnes que mon témoignage aura intéressées.

Où Maître Roger peut-il t'inviter à dîner pour te faire plaisir ?

Rire ! Où mon Maître voudrait bien, quand bien même il voudrait. En compagnie de votre femme peut être ? ;)

Et Grey, dans tout ça ?

Certains tout comme mon ancien Maître pensent que ce phénomène dédiabolise notre monde, alors que d'autres s'inquiètent de voir leurs cercle si fermé auparavant se laisser envahir par des personnes parfois malintentionnées et douteuses, qui ne partagent pas tant nos aspirations. Mon idée sur le sujet est très partagée mais je ne souhaite pas prendre position personnellement. Cela reste un roman d'amour à grand succès, cela n'a pour moi rien de bien BDSM. Cette romance fait fantasmer les ménagères en mal de fantaisies dans leurs vies parfois trop fades et monotones je suppose, et pour elles c'est une très bonne chose. Après il ne faut simplement pas traduire le monde du BDSM au simple résumé que peu en faire cette histoire, car cela serait tout bonnement une tromperie. Pour celles et ceux qui en ont la curiosité, qui veulent découvrir le monde du sado-masochisme au-delà de l'idée maquillée que l'on peut s'en faire à la lecture des péripéties de ce Mr Grey, je vous invite plutôt à venir découvrir mon histoire au travers de mon blog.

 

lire son blog : Soumise Blog

 

le billet d'avant, le 16-11-2015

Voyage au bout des Nuits de Sophie, pour public averti (NSFW)

le billet d'après, le 09-12-2015

Lilou, pour un peu de douceur dans un monde de brutes

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