@desinfopointcom

Rita Renoir se dévoile

du Rédacteur Suprême
publié le 16-12-2015

Rita Renoir, artiste, blogueuse, habitante de Montmartre, ne pouvait rester plus longtemps absente de notre rubrique «culture», dont elle sera désormais l'un des joyaux. De son «Journal infime» à son tout nouveau tout neuf «ritarenoir.fr», en passant par son interview légendaire à Roomantic, Rita Renoir nous révèle tout ce que nous avions rêvé de savoir sur elle et sur son art. Sans oublier cette formidable leçon de procrastination qu'elle a offerte à notre bienaimé rédacteur suprême qui a trouvé en elle la référence absolue en la discipline. Une interview à déguster comme la bonne bière entre amis, en écoutant la bande son qu'elle a sélectionnée pour nous.

RitaRenoir

Rita Renoir (@RitaRenoir)

son blog : Journal infime

-18

En préparant cette interview (avec le délai de procrastination adéquat), j'ai cherché comment te définir pour le traditionnel petit texte d'introduction émerveillé. Tu pourrais m'aider, si tu es définissable ?

Alors voyons, voyons... comment me définir ? Dans ma vie réelle, j'ai une mentalité de couteau suisse car je suis très débrouillarde, curieuse de tout et que je m'adapte très facilement. Je suis une vraie parisienne et j'adore me balader à pied et faire des photos. Je suis aussi montmartroise et j'ai beaucoup travaillé sur ce sujet même si je n'en ai pas énormément parlé jusqu'à présent. J'aime collectionner les miscellanées et les petites histoires du quotidien. Je suis une passionnée d'images étranges et désuètes...

Tu t'appelles Rita Renoir, comme un certain Auguste. Est-il un ancêtre ? Par génétique ou par adoption ?

Je suis toujours très flattée que l'on me prête une aussi célèbre filiation. Mais je dois cependant rétablir la vérité toute nue, si je puis dire. Rita Renoir, mon inspiratrice était une célèbre effeuilleuse des années 1950-60, tellement réputée qu'on l'avait même surnommée «la tragédienne du striptease». Je conseille en particulier de regarder ce petit extrait d'un de ses numéros sauvagement voluptueux : la Cage...

J'ai choisi d'emprunter ce joli nom mystérieux le jour où j'ai décidé de me fixer le petit challenge de participer à un concours de nouvelles érotiques. C'était une manière de me déshabiller de manière créative. Puis j'ai poursuivi l'aventure avec des dessins de petites sensuelles...

D'après ta bio twitter, tu es née le 9 mai, lendemain de l'anniversaire de la naissance miraculeuse de Maître Roger. Comment expliques-tu cette grâce qui t'a été donnée de suivre dans le calendrier notre bien-aimé et génial rédacteur suprême ?

J'ai du mal à me l'expliquer moi-même. Serait-ce dû à une intervention miraculeuse de Sainte Rita ? Ou peut-être parce que je suis particulièrement attachée à l'art de la procrastination comme notre génial et bien aimé rédacteur suprême ? Je vais devoir me pencher très sérieusement sur cette grave question.

Où étais-tu sur les Internets avant d'ouvrir ton tumblr «Journal infime» ? Pourquoi ce titre ?

J'ai eu un tout premier blog particulièrement éphémère au début des années 2000. À l'époque il n'y avait pas encore toutes ces plateformes de blogs comme Blogger, Haut et Fort, Canalblog (...) et pas de Wordpress non plus. C'est mon amoureux qui me l'avait programmé sauf qu'il n'était pas allé au-delà d'un mois de publication. Et ensuite il n'a jamais pris le temps de m'enseigner à construire le reste du site. J'ai donc viré l'amoureux et je me suis mis les doigts dans le cambouis et découvert les joies d'internet. Je me suis ensuite beaucoup amusée à monter tout un tas de petits sites photographiques bizarroïdes. J'avais toujours un petit APN dans la poche et je photographiais mon quotidien. Si Instagram avait existé à ce moment-là, j'aurais tout le temps été fourrée dessus, j'imagine. Ensuite j'ai eu une longue période sans activité bloguesque jusqu'au mois de février où j'ai créé mon Tumblr pour me forcer à terminer les petits dessins que je gribouillais dans un coin de mon ordinateur. Et j'ai choisi ce titre de Journal infime car je voulais créer une sorte de carnet intime de mes expériences créatives...

Comment travailles-tu tes dessins et tes textes ? Comment vient l'inspiration ?

Je n'ai pas de règles en la matière. Je travaille souvent conjointement les textes et les images. Mon but est de raconter de petites histoires que ce soit sous forme écrite ou dessinée. L'inspiration provient de mon quotidien mais également des personnes qui m'entourent et en particulier sur les réseaux sociaux comme Twitter. Généralement je fais mes petites recherches pendant la journée et j'accumule notes écrites, photos, images diverses et variées qui vont me servir de support de réflexion ou de modèle. Et je profite du calme de la nuit pour dessiner.

Tu as répondu récemment à une très jolie interview sur Roomantic où tu expliques tout sur ton travail. Que reste-t-il à dire aux lecteurs de Désinformations.com que tu n'aies pas déjà dit dans à Roomantic ?

Comme je l'ai expliqué sur Roomantic, lorsque j'ai commencé mes petits griffonnages en tant que Rita Renoir, je l'ai fait de manière assez dissimulée. Mais grâce à certaines personnes qui m'ont encouragée et même offert de sacrés coups de pouce j'ai poussé plus loin l'aventure. Et c'est lorsque j'ai participé à une première petite exposition que j'ai dû cracher le morceau à mon cercle d'amis et à ma famille. Il y a d'abord eu un énorme éclat de rire unanime avec le choix de mon pseudo. Puis, ceux qui avaient l'habitude de mes dessins, ont eu un petit choc en découvrant mes nouvelles illustrations. Je n'avais jamais travaillé dans le domaine de la sensualité, donc ça les a parfois un peu déstabilisés. Ensuite j'avais un univers très colorés et assez enfantin alors qu'aujourd'hui je dessine essentiellement en noir et blanc avec parfois quelques touches de rouge. D'ailleurs j'avoue que pour l'instant j'ai beaucoup de mal à revenir à la couleur et j'ai mis certaines réalisations de côté en attendant de savoir par quel bout les attraper.

Tu as travaillé encore plus récemment avec Marie Topic, bien connue de nos lecteurs pour avoir été interviewée elle aussi par le génial Maître Roger, notre rédacteur suprême bien-aimé. Comment es-tu venue à t'intéresser à l'ethnologie ?

J'ai fait mes toute premières découvertes ethnologiques grâce à La Fontaine. J'ai déniché une série de petits recueils très joliment reliés et bien cachés dans la bibliothèque de mes parents. Alors que je pensais lire quelques fables animalières, j'ai découvert en rougissant un tout autre style de littérature. J'ai pu vérifier par la suite que nombre des écrivains très classiques que je lisais étaient également des ethnologues avertis.

Il y a quelques années je suis retombée dans ce sujet d'études lorsque j'ai dû mener les recherches iconographiques d'une série de livres sur Pigalle, quartier parisien très prisé par les ethnologues. C'est ainsi que j'ai complété mon bagage littéraire avec de fabuleuses illustrations et curiosa qui alimentent mon imaginaire...

Si demain d'autres blogueurs te proposent un travail commun, tu leur répondras oui ? Sur quels critères ?

Il y a des collaborations qui sont plus évidentes que d'autres. Celle avec Marie Topic a été particulièrement agréable parce que j'apprécie beaucoup son esprit et ses écrits. En plus elle a eu l'élégance de me contacter pour savoir si je l'autorisais à utiliser un de mes dessins. Récemment j'ai eu la mauvaise surprise de voir mon travail se balader sur le net sans mention de copyright. Et pire encore quand j'ai demandé des explications, on m'a envoyé balader en me répondant que si je n'étais pas contente je n'aurais pas dû le partager sur mon tumblr. Donc je répondrais que si on m'en informe et qu'on n'oublie pas de mentionner mon nom, je serais curieuse de découvrir de nouvelles interprétations de mes illustrations. Par contre sauf cas très très particuliers, je ne réaliserais pas de dessins gratuitement pour les gens. Il fut un temps où je participais à des projets de manière bénévole. Cependant, si je goûte beaucoup la vie de bohème pleine de péripéties, mon banquier me fait la gueule et à ma grande déception je n'ai jamais réussi à payer mes factures juste avec un sourire.

Il n'y a pas que ton tumblr «Journal infime» mais aussi un «ritarenoir.fr» actuellement « en construction ». C'est pour quand ? Que pourrons-nous y lire et voir ?

Maitre Roger a eu la magnanimité suprême de m'accorder un délai supplémentaire pour répondre à sa génial interview et donc ritarenoir.fr est désormais visitable par tous. J'ai conçu ce petit site comme une sorte de cabinet de curiosités, pour partager à la fois mon travail mais également mes recherches et mes trouvailles du quotidien. Et puis j'avais très envie d'avoir une rubrique de liens avec les sites et blogs que j'affectionne. C'est d'ailleurs un pense-bête très pratique pour ne pas oublier d'aller découvrir leurs nouveautés car j'ai souvent l'impression de m'éparpiller dès que je pose un pied sur les réseaux sociaux...

La publication de ton interview dans Désinformations.com va décupler ton aura déjà grande. Es-tu prête à devenir l'artiste de Montmartre la plus célèbre au monde ?

C'est une immense responsabilité. Je pense que je vais de ce pas m'entraîner à chanter la Bohème à travers toute la Butte pour mériter cet honneur.

Depuis que tu connais Maître Roger, comment ta vie s'est-elle métamorphosée ?

L'un de mes péchés inavouables est que j'adore lire l'horoscope du Parisien en buvant un petit noir bien serré dans mon rade favori. Et pire encore, il m'arrive de le commenter en compagnie des habitués et du barman. Alors forcément l'horoscope sur mesure de Maître Roger c'est du nanan pour moi. Ceci dit je n'ai que très rarement demandé l'intervention de notre bien aimé rédacteur car j'aime le plaisir de la découverte et je suis toujours ravie des choix des internautes. Mais là où ma vie s'est réellement métamorphosée c'est que je sais que je ne manquerais jamais de bisous dans le cou même en cas de forte disette. Les bisous dans le cou c'est ce que je trouve de plus doux au monde. J'en ai même l'oeil tout rêveur en l'écrivant...

Si Maître Roger vient à Montmartre, où peut-il t'inviter à dîner pour te faire plaisir ?

Si Maître Roger est d'humeur aventureuse je serais tentée de l'emmener faire un road trip sur la Butte. Je lui proposerais d'abord une partie de babyfoot à la Divette de Montmartre pour admirer l'incroyable collection de picture disques de Serge le propriétaire des lieux. Ensuite si le temps est clément nous prendrions un verre sur une minuscule terrasse de la place Anne Marie Carrière pour le plaisir d'admirer le soleil couchant. Pour finir nous sauterions dans le montmartrobus, bringuebalant tel un taxi brousse pour rejoindre le Fauteuil hantée et grignoter un morceau en compagnie de la petite fille de Gaston Leroux...

Quelle musique as-tu écoutée pour répondre à cette interview qui va changer ta vie  ?

Comme Maître Roger je crois beaucoup à la procrastination et j'ai donc écouté ce tube ineffable des Parisiennes, Il fait trop beau pour travailler, pour me mettre dans de parfaites conditions.

 

#Rita Renoir | #Montmartre | #procrastination | #journal infime

lire son blog : Journal infime

 

le billet d'avant, le 15-12-2015

Isabelle, facilitatrice de web

le billet d'après, le 20-12-2015

Blogueur, tes papiers !

AUCUNE REPRODUCTION DE CE SITE N'EST AUTORISEE SANS L'ACCORD PREALABLE DU REDACTEUR SUPREME
© Désinformations.com | web-journal satirique 1999-2017 | contact | à propos des cookies | mentions légales