Freyja Lulla, dans de beaux draps

publié le 06-04-2016

Notre poursuite de l'exploration de la blogosphère se poursuit aujourd'hui à l'ouest, dans les beaux draps de Freyja Lulla, que notre bienaimé Rédacteur Suprême invite dans un premier lieu à expliquer les origines de son pseudo qui n'est pas sans rappeler par ses consonances les heures les plus sombres du transport aérien un week-end d'éruption de volcan islandais, avant que de l'entraîner sur le terrain moralisateur des «gens bien», permettant à l'interviewée de donner une idée de l'étendue de ses talents car grand est le talent de celle qui sait être passionnante dans la réponse à des questions suprêmement chiantes. Une interview qui n'est pas classée X, ce qui n'empêchera pas les mineurs d'âge de vérifier avec leurs parents ou tuteurs légaux qu'ils sont bien autorisés à la lire, de même qu'ils ne manquent pas quotidiennement de valider avec eux les sites sur lesquels ils peuvent surfer, bien sûr.

FreyjaLulla

Freyja Lulla (@FreyjaLulla)

son blog : Dans de beaux draps

Tu as un pseudo qui sonne islandais. C'est en rapport avec des origines familiales ou avec ton tempérament volcanique ?

Ah ! Islandais je ne sais pas, mais nordique certainement. Disons simplement que ce pseudo est une compilation. «Freya» est un surnom dont m'avait affublée un ancien soupirant (lequel avait de la suite dans les idées, Freyja étant la déesse de l'amour, de la fertilité et de la sexualité) (mais ça n'a pas empêché qu'il reste soupirant quand même). Et «Lulla»... eh bien c'est un petit bout d'un précédent pseudo, que j'ai conservé avec un brin de sentimentalisme. Quant à mon tempérament... eh bien dans la vie de tous les jours, il eut effectivement été «volcanique» mais s'est considérablement apaisé avec le temps - un avantage de la maturité. Sinon, entre les draps, ça... je laisse à ceux avec qui je les partage le soin d'en juger !

Quand et comment est venue l'idée de créer ton blog «Dans de beaux draps» ?

Il y a deux ans, lors de ma première relation longue durée hors de mon couple. J'en étais à mes balbutiements d'infidèle et me surprenais moi-même de jour en jour - de ce que je vivais, de ce que j'osais, de ce que cette situation me révélait sur moi-même. A mesure que cette relation se construisait, je découvrais qu'on pouvait partager avec un amant bien plus qu'une histoire de cul - et, pour être honnête, c'est surtout cet aspect des choses qui m'intéresse et qui me pousse, donc, à rechercher des relations de longue durée. Bref, j'étais dans un état de découverte permanent. Et je vivais - nous vivions - tellement d'émotions fortes, de situations tour à tour périlleuses ou cocasses, que le besoin de consigner tout ça par écrit s'est fait vivement ressentir. Le support papier étant trop compromettant, le blog s'est imposé de lui-même, d'autant que je n'en étais pas à mon coup d'essai. L'idée de départ était uniquement de tenir un journal : aussi naïf que cela puisse paraître, je n'imaginais pas avoir des lecteurs, enfin pas réguliers ! Et puis je me suis prise au jeu...

A quoi ressemblait ta vie sur les Internets avant la création de ce blog ?

Pour faire simple, je crois que j'ai animé des blogs depuis que les blogs existent, et ce sur des sujets très divers&nsbp;! Dans la vraie vie, Freyja a plusieurs cordes à son arc - qu'elle ne dévoilera pas mais qui ne sont pas toutes aussi sulfureuses, crois-moi ;-) Mais comme Maître Roger, elle procrastine aussi pas mal et ses vies parallèles sont donc en pointillés.

Ton premier billet est titré «être honnête l'un envers l'autre» ; l'honnêteté est-elle un concept absolu ou relatif quand on est une femme (ou un homme) infidèle ?

Excellente question, même si je crois y déceler une amorce de jugement. Je serais tentée de répondre spontanément que dans une relation d'amants, on n'a pas à se mentir : on a déjà bien assez à gérer avec ce qu'on cache à notre partenaire légitime, et qui est souvent lourd à porter. Dans chaque relation cachée que j'ai eue, c'était finalement plus l'aspect humain qui prévalait. Ou tout au moins, il était au moins aussi important que le cul. Un amant ou une maîtresse, c'est une bouffée d'oxygène, une parenthèse sans prise de tête, une âme complice avec qui on peut échanger, se lâcher complètement, avoir une sexualité débridée sans crainte d'être jugé(e). On parle aussi de son couple, souvent, avec cet autre qui nous connaît intimement et qui devient oreille attentive, confident, conseiller conjugal. Comme une relation amicale avec un «plus», finalement. La question de l'honnêteté ne se pose donc pas : tu mens à tes amis, toi ?

Tu as écrit «c'est bon de se dire qu'on baise un mec bien» ; et pourtant, ce « mec bien» est marié, tout ça. C'est quoi, finalement un homme ou une femme «bien» ?

Cette question rejoint la précédente sur le plan de l'honnêteté. J'en entends au fond qui protestent : «elle parle d'honnêteté, c'est bien beau, mais elle ment quand même à son homme». A partir de là, le schéma de pensée est tout tracé : quand on est infidèle, on n'est pas honnête envers son / sa légitime, donc on n'est pas une femme / un mec bien. C'est ainsi que raisonnent la majorité des gens, et c'est bien normal quand on considère à quel point nous sommes tous formatés par le politiquement correct, les normes, la morale judéo-chrétienne, etc... Moi-même, il y a quelques années, je considérais les infidèles comme des affamés de sexe superficiels et sans scrupules : de vulgaires queutards, des traîtres, des lâches, enfin les derniers des salauds. Et puis j'ai évolué, en grande partie à la lecture d'ouvrages sur le polyamour ou de l'excellent blog «Les Fesses de la Crémière». Toute cette littérature participe de la même idée : il n'est pas naturel d'aimer une seule personne et encore moins d'en désirer une seule ; et à partir de là, vouloir enfermer l'autre dans une relation monogame et exclusive est une privation de liberté (bon, je résume forcément à l'extrême). Audren a très bien exposé ce principe en employant l'image de l'oiseau en cage : aimer quelqu'un, ce n'est pas le maintenir à coups de principes dans une prison dorée. C'est, au contraire, laisser la porte ouverte, lui permettre de s'envoler plus ou moins loin, comme bon lui semble... et le fait de le voir constamment regagner sa cage est alors infiniment gratifiant.

Pour répondre plus directement à ta question, un homme ou une femme «bien» est, selon moi et dans ce contexte précis, quelqu'un qui a des qualités humaines. Qui est honnête, droit dans ses bottes, capable de s'émouvoir et de faire preuve d'empathie. Qui trompe peut-être son partenaire de vie, certes, souvent par nécessité, parce qu'il / elle refuse l'idée d'un peu d'ouverture dans le couple, mais qui le respecte par-dessus tout... jusque dans le lit des autres. Tout le contraire d'un queutard superficiel et immoral.

Que penserait ton mari s'il lisait ton blog sans savoir que c'est toi l'auteure ?

Rien de bien, je le crains. Il est trop dans le jugement, trop imprégné des normes que j'évoquais plus haut. Ce serait une condamnation en bloc.

Est-ce que tes amants ont-ils lu ton blog ?

Eux, oui ! Du moins ils en ont tous eu connaissance - libre à eux d'y jeter un oeil de temps en temps ou pas. Généralement, ils aiment beaucoup : ça les excite et les amuse de se retrouver «personnages». Il arrive même qu'on échange au sujet de scènes passées, de comment chacun de nous les a respectivement vécues, genre «ah bon, c'est comme ça que tu me vois ?» C'est très drôle ! et très enrichissant.

Dans ta page «Pourquoi tout ça ?» tu invites tes visiteurs à s'exprimer pour contribuer au débat des relations adultères. Es-tu satisfaite du niveau de débat que tu as atteint grâce à ton blog ?

Honnêtement non, peut largement mieux faire, mais il faudrait pour cela que je sois plus présente sur les internets et que je procrastine moins. J'ai beaucoup plus d'idées de billets que de billets effectivement publiés ! Et puis l'objet de ce blog est résolument nombriliste - encore une fois, c'est un journal. Mes ambitions sont toutes modestes.

Comment t'est venue l'envie irrépressible de connaître le nirvana d'une interview selon Maître Roger ?

Ah ! Eh bien comme beaucoup je pense : en suivant les fabuleux tweets de Maître Roger, les interviews prédédentes, toussa... et en finissant par me dire «pourquoi pas moi ?» Je dois avouer que l'expérience est intéressante : si j'ai autant traîné pour répondre aux questions, c'est qu'elles m'ont fait réfléchir sur le pourquoi du comment - chose qu'on devrait sans doute faire plus souvent. Sans vouloir t'offenser, c'est tout le contraire d'un nirvana (état de béatitude extrême, anéantissement de toute pensée) : je me sens bien dans mes baskets mais tu m'as fait cogiter !

Tu n'ignores pas que cette interview va t'apporter des visiteurs par milliers et des sollicitations plus nombreuses qu'un soir de promotion sur Gleeden. Comment t'organiseras-tu pour faire face aux défis de ta nouvelle vie après l'interview ?

Ouh ! tu sais, je me soucie assez peu du nombre de passages sur mon blog. Et puis quand j'ai un amant avec qui je me sens bien (comme c'est le cas actuellement), mes antennes sont fermées. Non, je suis plus inquiète pour toi, en revanche : comment vas-tu gérer l'affluence de visites et de demandes d'interviews quand j'aurai posté le lien de cet article sur mon blog ? Courage, Roger.

Où Maître Roger peut-il t'inviter à dîner pour te faire plaisir ?

Dans n'importe quel endroit joli et décontracté. Chiche !

Depuis que tu connais Maître Roger, comment ta vie s'est-elle transformée ?

J'avoue que j'entame chaque semaine toute guillerette en pensant aux bonnes surprises que me réserve mon Horoscope sur Mesure.

Ton dernier billet protégé est titré «A l'ouest». Il y a du nouveau, par là-bas ?

Plein ! Mais... procrastination, quand tu nous tiens...

 

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le billet d'avant, le 01-04-2016

Cher Léon, chère Alice, chère Manuela

le billet d'après, le 12-04-2016

Cypher, le Septième

 

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