Qui ne blogue mot...

publié le 11-06-2016

Nous publions aujourd'hui l'interview de Stéphanie Exbrayat, auteure d'un roman à paraître à l'automne qui connaîtra un grand succès et néo-blogueuse du blog «Qui ne dit mot», sous-titré «écriture, lecture et petites histoires». Une découverte rendue possible par Girouette qui, après avoir connu l'expérience inoubliable d'une interview par Maître Roger que toutes les blogueuses lui envient, a généreusement partagé le bon tuyau avec sa twitt-copine Stéphanie. Une interview qui fleure bon la littérature et l'admiration si compréhensible envers notre rédacteur suprême, et surtout qui donne envie de lire non seulement son blog mais aussi son roman de parution automnale, attendu désormais avec impatience par tous nos lecteurs bien désinformés.

StefExbrayat

Stéphanie Exbrayat (@StefExbrayat)

son blog : Qui ne dit mot

Peux-tu te présenter en une héroïne de roman ?

Les héroïnes de romans dits «classiques français» sont souvent mélancoliques ou malheureuses. Cela ne me ressemble pas du tout. En revanche, je me trouve des points communs avec Bridget Jones à cause de son côté miss catastrophe. Récemment j'ai quand même été capable de me démaquiller les yeux avec du dissolvant, de m'enfoncer l'angle d'une biscotte dans le palais ou de rater un trottoir.

Comment est né ton blog ? Qu'est-ce qui t'a donné envie de le créer ?

Mon blog est né après l'envoi de mon roman aux maisons d'édition. Je n'envisageais pas d'attendre les réponses des éditeurs sans rien faire. L'idée d'un blog m'est venue pour savoir si ce que j'écrivais pouvait plaire. J'avais l'intention au départ d'y proposer des nouvelles mais je me suis dit qu'il fallait quand même que je me présente et que je parle un peu de mon parcours. Étant nulle en informatique, la simple création du blog m'a pris un temps fou. Du coup, je n'ai pas encore eu le temps de mettre mes petites histoires en ligne, mais c'est prévu. Mon blog n'est qu'un tout petit bébé pour l'instant.

Pourquoi qui ne dit mot ?

Tout simplement parce que «Qui ne dit mot consent». Dans la vie, j'ai beaucoup de mal à me taire si je ne suis pas d'accord. Donc qui ne dit mot, c'est une manière de ne pas consentir. J'écris donc 'existe. Je pense qu'il faut toujours faire entendre sa voix et particulièrement en tant que femme. Nous avons un devoir de parole ne serait-ce que par rapport à toutes les femmes dans le monde qui ne peuvent s'exprimer. Tenir un blog, écrire ce qu'on veut, c'est une façon de montrer qu'on est libre. C'est une chance.

Tu écris ton blog qui évoque l'écriture de ton premier roman, et tu t'y présentes comme une «fourmi» qui parcourt une «odyssée» ; c'est pas trop long, l'odyssée pour une petite fourmi ?

Si c'est très long. Et même si je suis une fourmi décidée et pugnace, je ne sais pas si j'arriverai au bout de cette odyssée. Mais est-ce vraiment important ? En fin de compte l'essentiel n'est peut-être pas d'atteindre son objectif mais de parcourir le chemin.

Tu as attendu longtemps pour faire ce que tu voulais dans la vie, c'est-à-dire écrire. Ça se passe bien, sinon, ta crise de la quarantaine ?

Ha, ha, rassure-toi, Maître Roger, je ne suis pas en crise.

Si j'ai attendu longtemps avant de décider de ne plus rien faire d'autre qu'écrire, c'est d'abord parce que j'ai constaté que je ne pouvais pas faire plusieurs choses en même temps. Quand je fais quelque chose, je me lance tête baissée, j'y vais à fond. Je n'aime pas l'idée de faire quelque chose en dilettante donc c'était impossible pour moi de mener de front deux activités. Et pour prendre la décision de ne plus rien faire d'autre qu'écrire, cela a été un peu long. Ce qui m'a décidée c'est de constater à quel point la vie passe vite. Et puis je ne voulais pas décevoir mon entourage. Je voulais faire plaisir et éviter de déplaire en me lançant dans ce pari fou. Mais il y a un moment où on ne peut plus faire les choses justes pour faire plaisir aux autres. Il faut aussi penser un peu à soi si on ne veut pas devenir cinglé ou dépressif.

Dans ta page «à propos», tu précises que tu aimes «l'écriture, lire, aller au ciné, chanter comme une casserole dans ta voiture»... et tu trouves aussi le temps de dormir ?

Hélas, il faut dormir ! Le sommeil est une vraie plaie (ça se voit là que je suis un peu hyperactive ?) J'envie les gens qui arrivent à être en forme en dormant trois heures par nuit. Moi il me faut mes six à sept heures minimum. Mais au moins je suis une lève-tôt et je ne fais jamais de sieste (par contre j'aime bien traîner dans mon lit le dimanche matin avec un bon livre). La vie est courte, il faut en profiter. On aura bien le temps de dormir quand on sera mort, non ?

Sais-tu qu'ils ont inventé un truc assez sympa qu'ils appellent «autoradio», très pratique pour écouter de la musique dans sa voiture sans être obligée de chanter soi-même ?

Hum... Oui je vois ce qu'est un autoradio. Je peux même te dire que j'en ai un dans ma vieille voiture jaune à fleurs. Mais pour qu'il marche, faut-il encore avoir une antenne sur le toit ! Il y a quelqu'un qui s'amuse à systématiquement voler mes antennes. J'ai espionné ma voiture cachée derrière un arbre pour essayer de trouver le coupable mais je n'ai jamais réussi à lui mettre la main dessus. J'ai remplacé mon antenne cinq fois puis j'ai laissé tomber. Depuis je fais l'autoradio moi-même. Au moins je n'ai pas de pub !

Est-ce que tu pourras faire envoyer ton roman à paraître à l'automne aux éditions Terra Nova pour que Maître Roger le lise et en publie la critique ?

Bien sûr cher Maître Roger, avec plaisir. Et même, je t'en enverrai un exemplaire dédicacé (avec des bisous de rouge à lèvres si tu veux !)

Tu n'ignores pas que la publication de ton interview dans Désinformations.com, web-journal à grand tirage, par le génial Maître Roger va t'apporter la gloire deux point zéro. Comment te prépares-tu à cette nouvelle vie ?

Et bien écoute, je viens d'installer des volets à mes fenêtres pour parer au matraquage des paparazzis. Je me suis acheté des lunettes noires et un chapeau pour pouvoir sortir incognito. Mais surtout, ce qui me rend fébrile, c'est de savoir si je vais bien m'entendre avec la mère de Léo.

Depuis que tu connais Maître Roger, comment ta vie s'est-elle transformée ?

Et bien je dirais qu'il y a une vie avant Maître Roger, et une vie après. C'est tout. Seules les chanceuses qui connaissent Maître Roger savent de quoi je parle.

Où Maître Roger peut-il t'inviter à dîner pour te faire plaisir ?

Alors si tu veux vraiment me faire plaisir Maître Roger, il faut m'inviter à pique-niquer. L'endroit idéal serait un pré fleuri avec en son milieu un chêne bicentenaire et très ombreux. Un petit ruisseau pas loin. Une jolie vue. Et dans ton panier, une salade de pommes de terre à l'huile d'olive, des fruits d'été et du chocolat sous n'importe quelle forme.

Quelle musique as-tu écoutée ou chantée comme une casserole pour répondre à cette interview ?

L'album Still Waters de Breakbot que j'écoute en boucle en ce moment. Particulièrement la chanson My Toy.

Et Charles (Hubert Louis Jean) Exbrayat dans tout ça ? Hasard ou coïncidence ?

Charles Exbrayat ne fait pas partie de ma famille (il n'est même pas un cousin éloigné). Ce qui ne m'empêche pas d'aimer beaucoup ses romans.

 

lire son blog : Qui ne dit mot

 

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