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Personne n'a oublié

Le premier roman de Stéphanie Exbrayat

du Rédacteur Suprême
publié le 20-02-2017

Il y a quelques mois, j'avais interviewé Stéphanie Exbrayat, blogueuse qui chantait à tue-tête dans sa voiture jaune à fleurs, romancière en fleur qui attendait impatiemment la parution de son premier roman, "Personne n'a oublié". Elle m'avait promis de m'envoyer son livre dès sa parution et elle n'a pas oublié, et j'ai trouvé son livre dans ma boîte aux lettres, avec une dédicace personnalisée d'une remarquable lucidité. Du coup je l'ai lu, c'est bien la moindre des politesses, n'est-ce pas : une romancière (ou un romancier, ou même un nouvelliste) m'envoie son oeuvre, je m'engage à la lire et à en causer ici. Je trouve que le deal est très équilibré. Je précise que je l'ai lu intégralement hier soir, donc je me suis couché tard et c'est pas vraiment malin pour un dimanche soir sachant que le lendemain c'est lundi. Je suis un héros de la littérature moderne.

La dédicace pleine de lucidité de Stéphanie Exbrayat à moi

L'intrigue de "Personne n'a oublié" se déroule dans le Morvan du début des années 1960. Le siècle précédent n'était pas encore entré dans sa fin et plus précisément dans l'ère dite "de Roger". C'est une époque finement reconstituée par l'auteure, dont les pages fleurent bon le bois que l'on hache dans les collines du Morvan et la campagne pas totalement sous-développée mais on n'est pas tombé loin quand même. Bien entendu, les gens roulent en Dauphine (mais pas tous les jours), voire en la très moderne pour l'époque Citroën Ami 6 (premier modèle sorti en 1961), et le téléphone est un luxe connu de quelques indigènes privilégiés seulement, ce qui rapproche les années 1960 de l'âge du Bronze pour nous autres gens numérisés et parents de digital natives.

Parent, justement, le héros du roman, le jeune Sam ne le sera pas. Car il est mort jeune. En tombant d'une grange. C'est une mort très champêtre mais assez classique pour l'époque d'une France au mitan des Trente Glorieuses tout en restant fort rurale.

Sam est donc mort et sa maman, Colette, a du mal à s'en remettre. On la comprend. Surtout qu'elle est mariée à un rustre, un certain François, que l'auteure réussit à rendre antipathique en quelques lignes. Et c'est mérité, ce type est vraiment exécrable. Sam est mort, et François c'est un peu la double-peine de Colette.

Il y a aussi Madeleine, la bonne amie de Colette qui reçoit des amies qui roulent en Ami 6, son mari Jean un peu effacé, le bon docteur du village que tout le monde voudrait avoir comme médecin référent mais hélas tout se perd jusqu'aux vocations les plus sacrées, même celle d'Hippocrate, l'immonde Robert qui rivalise d'exécrabilitude avec François...

Tout un petit monde que Stéphanie Exbrayat nous rend très vivant dans un style très enlevé, où la petite histoire côtoie la grande dans une osmose digne d'Alexandre Dumas (époque Monte Christo), pour nous offrir un roman policier rural à l'intrigue bien plus ficelée que le lecteur incrédule se serait imaginé lire, où les mégalopoles se nomment Lormes ou Avallon (stade suprême de la mégalopole en bordure nord du Morvan), et où l'on se baigne sur les bords du lac du Crescent. Bref, l'auteure nous emmène en voyage dans l'espace et le temps, et c'est chouette.

Soyez des milliers à lire son "Personne n'a oublié" - car tout le monde est quand même un peu rancunier, on ne va pas se le cacher - et, ensemble, prions pour une future acquisition très méritée des droits d'adaptation par FR3-Bourgogne, ce qui ne manquera pas d'enchanter un samedi soir en famille.

 

#personne n'a oublié | #Stéphanie Exbrayat | #Morvan |

le billet d'avant, le 15-02-2017

Sa petite IVG

le billet d'après, le 20-02-2017

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