Pourquoi un blogueur n'aurait-il rien à dire ?

L'interview de Cyrcusit

publié le 15-03-2017

Au début était Twitter, ses 140 signes légendaires, hérités des 160 de nos SMS d'antan (moins les 20 pour désigner le destinataire du tweet). Et puis il y a eu les gens dans le Twitter. Et puis les photos. Et puis les liens. Et puis certains ont eu l'idée de génie de vouloir en savoir et partager plus sur tous ces gens. Cyrcusit, ex-Cyremad, est de ceux-là : c'est en voyant passer son projet "Cursive avec moi" que j'ai voulu non seulement participer en lui envoyant quelques lignes de mes légendaire hiéroglyphes personnels mais aussi l'interviewer pour que la foule de mes lecteurs assidus ne restât point ignorante des beautés de ce monde.

Cyremad, ou Cycursit, peux-tu te présenter à mes lecteurs : qui es-tu ? D'où viens-tu ? Comment es-tu venu ? Pourquoi ?

Cyrcusit vient de Cyremad, ça c'est évident.

Cyremad était un petit compte qui a longtemps stagné puis qui a passé différents caps jusqu'à dépasser la barre du millier d'abonnés, sans que je comprenne bien pourquoi si ce n'est que les abonnés attirent les abonnés et que l'ivresse des sommets gèle aussi la capacité à garder la tête froide face au succès.

Cela m'a soulé car derrière la masse, il n'y a en fait rien. Je n'avais pas d'échanges avec la plupart et je n'ai pas trop bien vu l'intérêt, à part celui de cultiver une sorte de narcissisme déplacé.

De plus, je m'étais dit que je saborderai Cyremad avant les 100 000 tweets et je m'en approchais dangereusement. Aussi ai-je décidé de le supprimer purement et simplement.

Pour autant, je n'avais pas envie de quitter Twitter. J'ai donc créé Cyrcusit en pris soin de noter les @ de mes abonnements préférés avant de saborder Cyremad.

Les débuts ont été assez cocasses et riches d'enseignements. Certains m'ont immédiatement reconnu lorsque je les ai suivis, d'autres un peu plus tard et certains jamais : je m'en suis donc désabonné, ne souhaitant pas que quiconque se sente forcé de me suivre avec mon nouveau compte. Il y en a même qui n'ont jamais pris la peine de me répondre avec ma nouvelle identité et que je n'ai pas continué à suivre.

J'ai donc trouvé très positif d'être devenu Cyrcusit. Ça m'a permis de me défaire d'une atmosphère "toxique". Mais je n'ai pas touché à mes fondamentaux : je râle, je parle de cuisine, je n'utilise pas gros mots ("filledejoie", "maisondetolérance" ou "quoilarelationsexuelle" sont tellement plus classes), je soliloque, je m'applique à écrire mes tweets, je fais ma dramaqueen, ma photo de profil montre toujours mes pieds chaussés, etc. J'y ai juste ajouté un côté gentiment polisson et je suis sorti du placard au sujet de mon goût pour les dédiépaules.

J'ai aujourd'hui une petite TL, composée majoritairement d'anciens auxquels s'ajoutent des comptes n'ayant jamais connu Cyremad. Cela me satisfait pleinement et j'ose croire que, hormis chez ceux qui m'ont masqué, c'est réciproque.

Pour le reste, je suis comme le Capitaine Flam : je ne suis pas de votre galaxie, mais du fond de la nuit (je sens la frustration que cette réponse va susciter, mais la frustration est un état inhérent au désir).

Quelle est ta quête en écrivant ton blog «Pourquoi n'aurais-je rien à dire ?» ?

Suivre l'étoile ? (Ah non, là je plagie Brel.)

Je ne recherche rien de particulier en fait, si ce n'est à assouvir, à chaque fois qu'il se présente, mon besoin d'écrire.

Il me donne plus ou moins de satisfaction lorsque je lis un billet achevé. Parfois aussi lorsque le "succès" d'un billet que j'ai aimé écrire est au rendez-vous.

Selon Blogger, tu es présent depuis juillet 2014 ; quand on remonte ton blog, le plus ancien billet date du 22 janvier 2015 ; il y a donc un trou de six mois dans ton emploi du temps. Quel est ton alibi ?

Lorsque je suis au bord du vide, je réfléchis longuement pour savoir si je dois sauter car je ne suis pas sensible à son appel.

Sans rien pour me permettre de le faire en toute sécurité, il est évident que je refuse tout bonnement de m'y jeter.

Mon blog est un précipice. Pour me lancer, il m'a fallu une raison - on m'a plutôt poussé. C'est une de mes abonnées qui m'a conseillé d'en créer un, d'une part, et c'est une histoire qui lui est arrivée qui m'a donné l'occasion d'écrire un de mes tous premiers billets (la gifle). Sans elle,je serais peut-être encore sur le rebord à me poser ces mille questions qui m'offriraient l'excuse de ne pas écrire. Aussi je l'en remercie une fois encore vivement, malgré la mise en danger inhérente à la publication d'un billet.

Tu as aussi créé un tumblr. «Cursive avec moi», dans lequel tu collectionnes les écritures manuscrites de gens de Twitter. Comment t'est venue cette idée géniale ?

C'est effectivement l'idée de «The Biggest Lebowski» [NdR : cf. plus bas] qui m'a inspiré. Chacun expose et s'expose comme il le souhaite. Mais, sur Twitter, on se connaît finalement via nos 140 caractères dont la poésie reste toute numérique. Alors je me suis dit que si l'on écrit à la main et que l'on partage nos cursives, nous nous donnerons un supplément de substance - de chair et de tout ce que l'on peut voir et ressentir au travers de nos écritures partagées.


Que nous apprend ton tumblr. sur l'humaine condition ?

Que celle-ci est indissociable de l'écriture et que les emojis sont Satan. C'est d'ailleurs pour cette raison que je me refuse à les utiliser sous leur forme imagée. Je les (d)écris lorsque je les emploie, ce qui me prend pas mal de caractères sur mon quota de 140 par tweet, c'est dire mon côté militant en la matière...

J'ajoute que quand je lis qu'aux États-Unis ou en Finlande l'apprentissage de l'écriture cursive a été abandonnée au profit de la seule écriture en scripte en raison de sa ressemblance avec les lettres d'un clavier, cela me fait froid dans le dos.

Ton projet « Cursive avec moi » n'est pas sans me rappeler celui de « The Biggest Lebowski » qui diffusait des enregistrements de gens de Twitter et que j'avais interviewé il y a deux ans ; ce ne serait pas toi, par hasard ? (N.B. : j'ai vu qu'un certain @cyremad a donné son enregistrement, hein...)

Alors je réfute vivement cette accusation gratuite, non-fondée et sans preuve d'une ubiquité numérique. Et j'en profite pour préciser qu'avec un compte Twitter, un blog, un Tumblr et mon compte Instagram, je suis bien assez occupé. En revanche, le @cyremad qui a donné sa voix est bien moi. Mais ça c'était avant.

D'après mes statistiques, il y a une grande majorité de twitettes qui t'ont envoyé leurs cursives (note pour moi-même : mes interviewées aussi sont surtout des filles, coïncidence, je ne pense pas...) ; les garçons sont plus timides ou tu crois qu'ils n'ont pas de stylo ? Quelle est ton analyse de ce phénomène de genre ?

D'une manière générale, je trouve les twitettes plus courageuses que les garçons. Et elles sont souvent plus volontaires, aussi, pour se saisir de nos plumes... (Comment ? Ah, oui, je m'égare...)

Par ailleurs, il y a parmi mes abonnés une large majorité de filles (a priori autour de 80% je pense). Est-ce ma plume qui les intéresse ? Est-ce une histoire de modjo ? Je n'ai pas d'explication, mais je m'en satisfais pleinement.

Tu n'ignores pas que ton interview dans mon blog de référence, « des informations point comme... » va brutalement changer ton destin deux point zéro. Es-tu prêt à redevenir un real BIG account ?

Non, et je n'y tiens pas. Je dégainerai prestement le cadenas du compte privé si je dois subir un afflux d'abonnés. Qu'ils restent en Abonnie ! Cyrcusit n'a pas vocation à accueillir tous les utilisateurs de Twitter.

Depuis que tu connais Maître Roger, comment ta vie s'est-elle transformée ?

Ma vie s'est radicalement transformée grâce à Maître Roger, car elle.

A part ton blog à toi et bien sûr celui de Maître Roger, lis-tu régulièrement des blogueuses et blogueurs que tu souhaiterais vivement recommander à mes lecteurs éblouis ?

Choisir des blogs, c'est nécessairement risquer de faire du mal à ceux qui ne seront pas mentionnés (j'esquive l'esquisse exquise de la polémique).

Quant à ceux que j'apprécie, ils le savent car je partage leurs billets et/ou laisse des commentaires sur leur blog. Et j'en profite pour dire que ce sont ces commentaires qui rendent vivants les écrits, dessins et autres expressions. Alors il ne faut jamais hésiter à dire ce que l'on en pense, pour peu que cela soit fait avec respect. Enfin je crois.

Dans tous les cas, il faut aussi tâcher d'être curieux de ce que font les gens qui nous entourent. Toi qui es sur Twitter, si tu as des abonnés avec un blog, un tumblr, un instagram, etc. va y faire un tour ! De belles surprises sont parfois à portée de clic.

Et finalement, tu as trouvé pourquoi tu n'aurais rien à dire ?

Sûrement parce que je serais, d'une façon ou d'une autre, mort.

 

#Cyrcusit | #Cyremad | #rien à dire |

lire son blog : Pourquoi n'aurais-je rien à dire ?

 

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