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Lili Castille : ceci n'est pas une interview de fille

du Rédacteur Suprême
publié le 25-05-2014

Notre rubrique culture s'enrichit aujourd'hui de l'interview de Lili Castille, blogueuse, auteure et scénariste. Et femme. Pas fille. C'est important pour elle, ne la fâchez pas en lui disant qu'elle écrit un blog de fille. En attendant la prochaine publication ici-même de la critique de son livre de nouvelles, "Bar à frissons", nos lecteurs bien désinformés peuvent donc découvrir dès maintenant la personnalité de Lili Castille qui se dévoile tout en délicatesse, avec un perfectionnisme peu envahissant puisqu'il n'y aura eu que six versions du texte de cette interview. Mais non, mais non... ce n'est pas non plus un blog de psychopathe.

lilicastille

Lili Castille (@lilicastille)

son blog : Le blog de Lili Castille

Peux-tu te présenter à nos lecteurs en une recette de cocktail ? Et bien sûr détailler les raisons du choix de chaque ingrédient...

Tu me poses une colle : à part pour trouver des titres à mes nouvelles, je suis plutôt nulle en cocktails. Mais si vraiment je devais me transformer en une substance liquide - forcément - complexe, je serais une généreuse rasade de champagne pour l'effervescence, un trait de lait de soja pour ma fibre verte, une grosse coulée d'huile d'olive pour ma matrice italienne et un soupçon de peperoncino pour tout le reste.

As-tu déjà fait boire de ce cocktail à quelqu'un ? Quels ont été les effets (in)désirables ?

Je dirais que c'est un tord-boyaux attachant.

Depuis quand es-tu sur les Internets et plus particulièrement dans la blogosphère ? Est-ce que "le blog de Lili Castille" est ton premier blog ? Et sinon, avant, il y avait quoi ?

J'ai créé mon blog en 2008, sur Overblog puis Wordpress, avec pour unique ligne éditoriale ce qui me fait plaisir : on y trouve pêle-mêle des photos, des expos, du cinéma, de l'érotisme, des gourmandises, des livres et quelques coups de gueule ; c'est un espace de liberté auquel je tiens particulièrement. La même année, j'ai découvert Twitter et je ne l'ai plus quitté depuis.

Ton blog est sous-titré "ce blog n'est pas un blog de fille". Peux-tu nous rassurer : tu es bien une fille ? (c'est une question posée pour un ami)

C'est drôle, tu n'es pas le premier à me poser cette question et pas uniquement au sujet de mon blog. Après la sortie de Bar à frissons, plusieurs lecteurs - tous de sexe masculin, précisons-le - m'ont dit qu'ils trouvaient que j'écrivais comme un homme. Je ne sais pas bien ce que ça pouvait signifier pour eux ou en soi, mais, bien évidemment, je suis une femme.

Si ce n'est pas un blog de fille, c'est un blog de quoi ? Un blog infiltré par la théorie du genre ?

Comme j'ai toujours trouvé le terme "blog de fille" très réducteur, caricatural et normatif, c'était une façon de le mettre à distance tout en le critiquant. Mon blog ne traite pas des sujets qui reviennent traditionnellement dans les "blogs de fille" (mode, maquillage, beauté) et, surtout, il ne s'adresse pas à la gent féminine en particulier. Du coup, si je devais reprendre la même formulation, je le définirais davantage comme un blog de femme (ce qui n'est pas tout à fait la même chose) ou, pour aller jusqu'au bout de ma logique, un blog d'être humain. Mais bon, "Lilicastille.fr, blog d'être humain" je ne suis pas encore complètement convaincue par le concept.

Dans ta rubrique "cinéma", le dernier billet relate les 24 heures du Festival international du film de La Roche-sur-Yon. Tu es une aventurière, non ?

Tu connaissais pas le Festival international du film de La Roche-sur-Yon ? L'édition 2013 était impressionnante : un programme chargé, passionnant et pointu avec une sélection de très beaux films, trop rarement ou jamais diffusés sur les écrans français et pour la plupart méconnus du grand public : Kelly Reichardt, Xavier Beauvois, Roee Rosen, Nicolás Pereda, Philippe Garrel... Un lieu de cinéma improvisé, magique et précieux qui se répand en quelques jours sur la petite ville de La Roche-sur-Yon. J'y ai passé un très bon moment.

Et donc aventurière, tu dis ? Quand j'avais 10 ans et qu'on me demandait ce que je voulais faire plus tard, je répondais Indiana Jones, danseuse étoile et Zorro. Maintenant, j'écris des histoires avec des vampires, des tueurs en série, des fans de Houellebecq, des mères dépressives, des Nietzschéens en mal d'amour, deux ou trois êtres surnaturels, tout un village sous LSD et une tueuse à gages. Je me dis que, somme toute, je n'ai pas complètement perdu le goût de l'aventure, l'art de la pirouette et de la fin bien tranchée.

Tu viens de publier un livre dont la critique sera prochainement mise en ligne par Maître Roger dans la rubrique "culture" de Désinformations.com ; qu'aimerais-tu y lire ?

J'aimerais lire que c'est bien écrit, évidemment, mais aussi que j'ai réussi à t'entourlouper, te bercer lentement dans mes filets, et que tu as finalement aimé te laisser surprendre.

Et après "Bar à frissons", il s'est passé quoi dans ta vie d'auteure ?

Bar à frissons a été le point de départ d'autres aventures. À la demande d'un ami réalisateur, Raphaël Girszyn, j'ai adapté une nouvelle, puis deux autres, en scénarios de court métrage. Ensemble, nous avons réalisé le premier, Fin de Soirée : un film autoproduit, avec un budget à trois chiffres et un tournage d'une journée et demie, mais une atmosphère très particulière et une comédienne formidable, Moana Ferré, qui illumine le film. Il est actuellement en festivals et la prochaine projection aura lieu au festival Autour du Court de Nogent-sur-Marne, le 7 juin.

Un deuxième scénario, Café Noir, est entre les mains du cinéaste Steve Perret, qui réalise là sa cinquième fiction tout en étant également producteur chez Maxfilms. La pré-prod est bouclée et le tournage prévu pour cet été. Je suis dingue des deux comédiens principaux, Jessica Georges et Philippe Bondelle et, cette fois-ci, nous bénéficions de conditions de production autrement plus confortables. J'ai hâte d'entendre le premier clap !

J'ai tellement aimé l'écriture cinématographique et je trouve les deux formes d'écriture si complémentaires, que je travaille en ce moment de manière concomitante sur la même histoire, sous forme de roman et de long métrage, même si la structure du récit change beaucoup de l'un à l'autre. Bref, je m'amuse bien.

Tu es déjà célèbre et ta e-réputation n'est plus à vanter, mais tu vas être encore plus célèbre grâce à la publication de ton interview dans Désinformations.com ; comment te prépares-tu à la percée de ton Klout ?

Mon quoi ?

Depuis que tu connais Maître Roger, comment ta vie a-t-elle changé ?

Je chevauche une licorne sur un arc-en-ciel pailleté.

Quelle musique écoutais-tu pour répondre à cette interview ?

Aucune : la musique me dérange quand j'écris. Je sais, c'est pénible. Par contre, si tu veux savoir ce que j'écoute en ce moment, j'aime bien l'album de Damon Albarn et c'est d'autant plus inhabituel que j'écoute rarement des morceaux enregistrés après 1989 (je sais, c'est pénible aussi).

Es-tu d'accord pour terminer cet échange sur une douce note éthérée et délicatement parfumée ?

Oui, Maître.

 

#Lili Castille | #cocktail | #festival | #La Roche-sur-Yon | #Bar à frissons

lire son blog : Le blog de Lili Castille

 

le billet d'avant, le 13-05-2014

Nemesis

le billet d'après, le 27-05-2014

Lactimelle nous parle de sa rencontre avec la Vierge

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